Transhuman Space… Fioutcheure iz naw!

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Transhuman Space est un peu un monument d’un genre nommé Hard SF, de la science-fiction se voulant au plus près de ce que seront les possibles évolutions des prochaines décades, sans vaisseaux aux moteurs vrombissant dans le vide, ou jeunes gens s’affrontant au sabre laser et revêtu de confortables kimono. Edité par la prolifique maison d’édition Steve Jackson Games, le jeu est le fruit de nombreuses cogitations de Anthony Jackson, Kenneth Peters, David L. Pulver, Jonathan Woodward et Jon F. Zeigler. Les illustrations les plus marquantes sont de Christopher Shy.

La première mouture était liée au système de jeu universel de Steve Jackson Games, GURPS (non, ce n’est pas un rototo, c’est un acronyme pour Generic Universal RolePlaying System). Il fallait alors posséder le livre de base et quelques suppléments, en sus du livre Transhuman Space. Fort heureusement, le succès aidant, une nouvelle mouture a été produite, reprenant l’intégralité du travail déjà effectué, et incorporant dans le livre de base les règles utiles de GURPS. La gamme Transhuman Space était née (tadaaaaaaaa… daaaaa)!!!

Bon, Transhuman Space, c’est quoi donc? Déjà, c’est un jeu de rôles (non non, ne vous enfuyez pas!), tournant donc sur un thème futuriste et dont l’action se déroule à l’aube du XXIIème siècle, c’est à dire après-demain. Dans ce jeu que l’on peut désormais pratiquement considérer comme d’anticipation, le siècle précédent aura été marqué par de formidables progrès dans tous les domaines scientifiques et technologiques, mais également sur les plans sociaux et économiques. L’Humanité c’est ainsi lancée à la conquête du système solaire, se fragmentant en de nombreuses peuplades génétiquement adaptées, ou technologiquement améliorées. Au XXIIème siècle, des humains, il y en a partout, aussi bien sur la Lune que sur Mars, les lunes des mondes extérieurs, ou encore les ceintures d’astéroïdes! Et pour chaque environnement extrême, une culture s’est formée, non seulement avec ses coutumes, mais surtout autour de transformations physiologiques profondes.Tiens d’ailleurs, c’est cela qui distingue Transhuman Space des autres jeux futuristes; L’éclatement de l’Humanité en milliers de branches dont les membres sont parfois extrêmement éloignés du modèle originel.

brokendreamsMais ce futur bien proche n’est pas pour autant utopique, la course à l’énergie, ici nommée Hélium 3, bat son plein, l’incompréhension culturelle et la xénophobie sont bien présentes, et malgré son évolution accélérée, l’homme reste un homme, nihiliste et arrogant. Malgré cela, la société du XXIIème siècle n’en est pas moins à un tournant; La conquête du système solaire bat son plein, des IA se développent discrètement au sein d’une société éclatée d’êtres biologiques altérés, et des prodiges scientifiques deviennent courants. Un monde de Bisounours futuristes? Eh bien non, car les laissés pour compte de ce siècle merveilleux sont légions, reclus dans des régions dévastées, isolées, qui sont décrites dans le supplément Broken dreams, excellente passerelle entre un bon vieux Cyberpunk des chaumières et le plus asseptisé Transhuman Space.

SJG6702-copie-1.jpgD’ailleurs en parlant de suppléments, la gamme de la seconde édition en compte pléthore, tous très intéressants, traitant principalement de la bonne vieille Terre et de ses environs, approfondissant les données disponibles sur Mars ou les mondes extérieurs, dans les suppléments comme In the well, où l’on découvre une planète rouge digne de la trilogie Mars de Kim Stanley Robinson, grand auteur traitant de Hard sf.

Il faut préciser maintenant que la gamme Transhuman Space ne se focalise pas véritablement sur les inventaires technologiques des régions abordées, il y a bien des suppléments liés aux vaisseaux ou aux avancées du XXIIème siècle, mais l’orientation globale du jeu est clairement le développement de parties très différentes de celles jouées avec les grands classiques du genre sf. Dans Transhuman Space, le pouvoir scientifique, ailleurs tout puissant, et ici contrebalancé par une science sociale que nous connaissons bien nous-mêmes, primitifs humains du XXIème siècle; La mémétique! Non non, pas la Magnétique, la mémétique, qui implique le développement d’idées virales au sein de groupes ciblés et grâce à des schémas comportementaux connus. Une arme redoutable, discrète et pouvant affecter des peuples entiers. Terrifiant non? Eh bien nous vivons déjà cela au quotidien! Dans Transhuman Space, la mémétique est décrite d’une manière plutôt positive, avec le développement de nouvelles sociétés et l’effondrement des anciennes formes de gouvernance.

12234_ext.jpgUn supplément est d’ailleurs consacré à la mémétique, à son influence sur les nombreuses variations humaines de Transhuman Space, c’est Toxic memes. Y sont abordés les fondements les plus intéressants de ce jeu, avec des idées de campagnes originales et fascinantes, à des années lumières du classique manichéisme rôlistique du genre sf.

Précisons toutefois que Transhuman Space reste un jeu difficile d’abord pour des novices ou des rôlistes surtout portés sur l’action bourrine et qui laissent des épaves de space hulk dévastés derrière eux. Il est bien entendu possible de jouer ainsi dans cet univers, mais tous les suppléments pointent plutôt dans la direction d’intrigues politiques, de manipulations sociales et économiques subtiles, et bien entendu, le thème majeur reste la conquête du système solaire par l’Humain.

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