La « bien-pensance »

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Mon questionnement personnel derrière cet article est le suivant « A quoi bon?« . Non je ne suis pas dépressif, à dire vrai tout roule plutôt bien et les perspectives pour Patate des Ténèbres sont assez bonnes pour le proche avenir. Mais alors que s’approche un changement de vie que j’ai déjà trop longtemps repoussé, la question revient. A quoi bon, cela concerne tout simplement vivre.

C’est démentiel, de vivre dans une société comme la nôtre. J’ai eu longtemps envie d’avoir des enfants, mais cette envie tout à fait déraisonnable m’est passée, en voyant dans quel état nous mettons la planète, en voyant les imbéciles sans âme que nous devenons dans un environnement dominé par le consumérisme à outrance. Oh oui, j’aime ma vie actuelle, pleine de confort « malgré » mes 1300 euros de salaire, oui ce n’est pas beaucoup, pour les inconscients qui se considèrent plus riches, et qui pour beaucoup aiment montrer qu’ils/ elles me snobent. Moi cela me conviendrai, si seulement nous ne vivions pas dans cette société du chiffre, de l’argent et désormais, de la taxation à outrance. A quoi bon en effet, obtenir de l’argent en faisant ce que l’on ne veut pas, pour qu’ensuite on nous en reprenne 70%? Et je sais qu’avec ce salaire, je suis au-dessus d’une masse imposante, râleuse mais invisible de compatriotes. Alors quoi? La révolution? Non, chacun râle dans son coin, chacun se résigne et vote pour le énième pantin de ce système fou, qui impose de consommer toujours plus, qui écrase l’humain, ses bonnes initiatives locales, et accessoirement, cette bonne vieille Mère nature.

Et je ne peux pas être en colère, je vis dans ce système pourri, j’aime cette oisiveté reposante, me tenant à une distance que je voudrai bien considérée comme sage, de tous les soucis. Mais c’est faux, comme nous tous, j’accepte le pire, le consumérisme à outrance qui nous détruit, dans nos corps bien entendu, mais aussi dans notre lien intangible que nous avons en tant que membres d’une même espèce. Voilà, j’y viens au titre de l’article.

La bien-pensance, voilà une notion que je trouve désuète, qui me fait sourire et penser à quelques cathos prout prout. Oui mais là ça ne va plus. Depuis quelques mois, je lis et discute avec des gens pour lesquels je n’ai pas spécialement d’affinités, mais avec qui je partage sur des sujets divers et variés. Il en ressort que lorsque l’on parle d’amour, de fraternité, voir d’écouter l’autre, c’est de la bien-pensance. Et c’est mal. Si je dis qu’il vaut mieux réfléchir par soi-même plutôt que vomir de la haine pré-mâchée, je suis un « fragile« . Bon. Mon credo secret que je me répète sans cesse et « Regarde qui te parle » et très souvent, dans 90% des cas, je comprend que la personne qui me parle est mal dans sa peau, se regarde beaucoup le nombril, et ne réfléchis pas. Fort heureusement, ce pourcentage est en baisse, tandis que je commence à fréquenter de plus en plus d’individus doués d’intelligence et d’humanité (en fait il y en a plein partout).

Ce que je me dis maintenant, c’est A quoi bon? A quoi bon vivre dans une société où la bêtise est hissée comme une valeur suprême, la violence l’unique moyen de résoudre un différent, et l’argent comme matière première pour toutes nos ambitions? J’ai un projet, je suis « obligé » de le mener à bien car sinon, je n’aurai plus d’argent, et cela me terrifie. Je sais que des millions de gens à travers le monde vivent sans argent, loin de ce joli petit enfer où nous végétons comme des champignons, sans buts nobles et exaltant. Je sais que beaucoup de communautés se forment, à partir d’individus comme nous, mais qui recherchent quelque chose de plus apaisé, de plus primordial. J’irai sûrement rejoindre une communauté comme ça, peut-être même bien plus tôt que prévu. Mais en même temps, ma schizophrénie personnelle me vrille les tympans : J’aime rencontrer des individus, des groupes, j’aime partager, c’est mon principe de vie, la seule raison valable d’exister, mais je raffole encore plus de ma solitude. J’aime papoter avec mes chats, ils font d’ailleurs partie des 10% sus-mentionnés. Je me vois un avenir heureux, seul dans mon coin, avec seulement parfois l’envie de rencontrer des gens, qui viendront vers moi en ayant entendu la légende de la Patate ténébreuse au sommet de la montagne. L’écrire me place dans la peau de Thulsa Doom, mais après tout, pourquoi pas les cheveux longs et la voix de James Earl Jones?

Voilà, je vais m’arrêter là. J’ai du monde 🙂

Merci à mes trois pelés et un tondu de m’avoir lu (tout du moins survolé).

7 commentaires sur “La « bien-pensance »

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  1. On éprouve tous de l’impuissance, face aux injustices de tous les jours, le 1% qui n’arrête pas d’abuser du reste d’entre nous, mais il faut se construire sa place sous le soleil, passer à autre chose.

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  2. Je peux comprendre ce découragement… parfois, je me dis que ce monde ne tourne pas rond, que la race humaine marche sur la tête, et ça me donne souvent envie de baisser les bras.
    Pas toujours évident… j’essaie de rester positive et de ne pas perdre foi en l’humanité.
    J’ai tout lu, sans envie de me pendre en plus ^_^
    Je lance un jet de survie avec un bonus bonne humeur en ton honneur!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire! Ce n’est pas véritablement du découragement, c’est un constat à froid, et comme j’ai dépassé les 40 ans, eh bien faire des projets de vie me semble assez futile. Mais je vais quand même en faire 🙂

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      1. On a qu’une vie, et y’a pas d’âge pour avoir des projets 🙂 Il faut en profiter, et faire ce dont on a réellement envie. Personne ne le fera à notre place, autant utiliser à bon escient le temps qui nous est dévolu.

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  3. Et bien, moi je t’ai lu jusqu’au bout David, heu Suprême Patate des Ténèbres, pardon. J’ai toujours eu un immense respect pour toi, une fascination pour ta façon de voir le monde, de le comprendre de cette façon unique qu’est la tienne. Tu as toujours eu cette faculté de donner envie à l’autre de te lire ou t’écouter. En tous cas, ça a toujours fonctionné pour nous. Je comprends ton ressenti du monde. Même si je me pose moins de questions que toi. Je subis moi-même le poids des erreurs passées, de la moutonnerie (inventer des mots c’est un gros passe temps), je fais partie de ceux qui râlent dans leur coin. Qui font un boulot qu’ils détestent, parce qu’il faut payer, payer et encore payer… Je vie pas je survie, comme beaucoup trop de gens contraints de s’en contenter… Ton à quoi bon est plus que plausible. Ton à quoi bon est plus que jamais en adéquation avec la situation actuelle. Il est triste notre monde… J’avoue faire partie de ces gens sans réel but et ça me fait peur tous les jours.

    Aimé par 1 personne

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