« Je débranche mon cerveau » …

sleeping-brain

En voilà une expression que j’entend pratiquement tous les jours maintenant, et qui me fait froid dans le dos. « Je débranche mon cerveau« , cela s’applique lorsque l’on parle de consommer du cinéma sans intérêt autre qu’avoir pleins de flash dans les yeux et du son assourdissant, ah oui, et aussi de la 3D. Pour réponse à mon étonnement face à cette phrase toute prête, on m’a dit que j’intellectualisais tout… Moui… L’ennui avec ceux et celles qui m’avancent ce débranchage de cerveau, c’est qu’il est ensuite impossible d’aborder quoi que ce soit de constructif. Le film (par exemple), était bien car il y avait pleins d’effets spéciaux et de l’humour et… C’est tout. C’est tout? Oh tu sais, j’aime bien débrancher le cerveau!

En soi, ce n’est pas une réflexion bien importante, chacun(e) et libre d’apprécier à sa manière ce qui lui plaît. Mais dans une société comme la nôtre, où nous sommes contraint, inconsciemment ou non, dans pratiquement chaque instant de nos vies, ce genre de réflexion me rend triste. Outre de rentrer dans les usages, elle m’indique en effet que le peu d’efforts intellectuels que nous faisons au quotidien, c’est déjà trop. Je ne fais pas ici de généralité générales, mais après dix-sept ans dans la fonction publique, j’ai toujours pu constater qu’une grande majorité de mes collègues étaient fatiguées, dès le matin, puis toute la journée, et leurs soirées se résumaient à s’occuper des gamins, faire la popote et regarder la télé – je le répète, pas de généralité, mais tout de même une observation englobant la majorité – c’est d’ailleurs une des choses qui m’a motivée à démisionner pour vivre mes passions, un peu à l’écart des gens.

Je précise que je ne me place pas « au-dessus » des cerveaux débranchés, je considère en effet que mon neurone reste actif en permanence, mais je ressens également le besoin de faire le vide – dans ce cas-là, je médite – et j’ai une filmo qui pousse beaucoup de cinéphiles hardcore à me jeter des flageolets dès qu’ils et elles me voient. Mais je note qu’à travers cette expression, que beaucoup vont considérer comme anodine, s’ajoute une nouvelle pierre à l’édifice de la soumission à un pouvoir qui ne recherche que ça; Une masse docile, fatiguée en permanence, et produisant aveuglément dans un système nihiliste. Et je le répète, je m’inclue dans cette masse – même avec mon neurone hyperactif –  Roooh je sais, j’exagère! Mais je ne pense personnellement pas. Et peu importe, je laisse mes doigts transcrire mes impressions… Avant de repartir travailler sur des concepts de jeux de société, comme quoi, rien n’est grave.

Et je précise également que je n’ai aucun mépris pour ces cerveaux débranchés, beaucoup ont des qualités qui rattrapent leurs goûts moyens en matière de cinéphilie. Cela étant, l’expression appartient pour moi à un ensemble de symptômes faisant que nous n’allons faire qu’accélérer cette fichue spirale auto-destructrice, sans réagir, et même en applaudissant les pires d’entre nous. Mais bon, c’est mon côté ténébreux qui s’exprime là!

12 commentaires sur “« Je débranche mon cerveau » …

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  1. C’est une réflexion tout à fait étonnante à mes yeux, je veux dire: moi aussi l’expression me gêne, mais non pas en premier lieu pour ce qu’elle est censé vouloir dire pour le commun des humains, mais plutôt par ce qu’elle pourrait vouloir dire littéralement! MAIS! Ouf, c’est impossible: on a pas de prises pour le brancher et débrancher, ce cerveau! ^^ voilà qui est rassurant. Bref…

    C’est une belle réflexion de « ce neurone hyperactif », tiens. On peut remarquer que je me suis aussi étonnamment permise de faire ce genre de réflexion aussi (sur un autre sujet) récemment. Mais après tout… cela ne fait de mal à personne, de faire réfléchir un peu sur certaines choses du quotidien.. et d’autant plus lorsqu’il s’agit du bonheur et les perspectives de vivre sa vie plus en accord avec ses besoins. Je crois que c’est aussi pour ça qu’il est difficile pour certaines personnes de bien s’adapter lorsqu’on est entouré d’autres personnes qui se contentent toujours d’un quotidien médiocre qui ne les rend pas heureux et qu’ils ne font rien pour le changer (ce changement demande vraiment beaucoup de courage cela dit, alors bravo) ET qui en prime pensent que les autres doivent aussi s’en contenter, puisque qu’eux le peuvent… Je trouve ça complètement dommage, alors bien que je comprenne toujours (carrément!!!) ce besoin d’arrêter de cogiter quelques temps pour se retrouver dans son petit abri (même s’il s’agit de regarder un film sans penser)… je le comprends comme ça, personnellement, cette expression, mais après tout, je n’ai pas souvent entendu quelqu’un dire  » je débranche mon cerveau ».

    Mais j’y pense… il y a différentes manières de « débrancher » le fil des pensées gênantes, sauf que celles qui sont gênantes pour certains ne le sont pas pour d’autres, et plus le temps passe, plus j’ai l’impression que les sujets qui donnent envie de « se débrancher les pensées » augmentent! Pour au final se retrouver avec son bon vieux jeu, dessin, monde fantastique, sa musique, ces mondes sur lesquels on pense, oui, mais à autre chose! Mince alors, au début, j’étais vraiment d’accord, et maintenant j’ai fait le tour et j’ai trouvé des points d’accord avec l’autre parti! Mais c’est peut-être qu’il est parfois vital pour les personnes de « se retrouver à ne pas penser » (expression pas terriblement bien trouvée, pardon)… J’imagine que tout est une question de point de vue!

    Enfin, je conclurais surtout par un fait: je pense que oui, nous sommes tellement contraints, que nous ne pensons qu’à une chose une fois que la contrainte peut-être oubliée (home sweet home!): ne plus du tout en avoir, et cela nous éloigne des autres, lorsqu’on rentre chez soi après une journée de contrainte (travail qu’on apprécie pas, point de vues d’autres individus incompatibles avec le notre…), si on doit encore en avoir à se mettre sur la même longueur d’onde que les personnes que l’on retrouve, alors que les sujets d’épanouissement sont diamétralement opposés… on n’en finit plus! Alors soit il faut améliorer sa vie professionnelle (ce que je préconise! Trouver un métier qu’on aime est vraiment plus qu’épanouissant pour nous, mais aussi pour notre entourage, que se soit professionnel ou personnel)… soit il faut vraiment s’entourer de personnes dans le domaine personnel avec qui on partage le même point de vue et les mêmes attentes et loisirs… on nous reprochera alors de faire groupe à part! ^^’ ah, la vie en société est très très compliquée!

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        1. Oh mais laissez moi être désolée! C’est un droit, non? RAAAAH! (voilà, la crise est passée! 🙂 ) (Si vous permettez.. puisque ça semble être plus agréable pour beaucoup d’utiliser le tutoiement, je vais l’utiliser!) Pour ton potentiel futur article, je te donne un indice sur le pourquoi du comment de mes « désolée », « navrée » et autres! (même si on est dans un pays libre, ouf! me voilà soulagée) Un peu de documentation sur la question ne peut pas faire de mal? Prenons le comme une expérience scientifique sur le comportement des « trop d’excuses, qu’est-ce que ça cache! »…
          nb. : je ne fournis pas les autres échantillons de population, par contre.

          Moi, je déteste être désagréable, on me dit que je prends trop de précautions, que j’hésite trop et que je m’excuse trop. Bon, moi, je le fais parce que je le ressens ainsi, c’est moi, je suis comme ça, si quelque chose me laisse un doute (même minime) que cela puisse être désagréable d’une manière ou d’une autre, je préfère prendre les devants et m’excuser! Mais tu es la deuxième personne a faire cette remarque de cette manière (encore que… la première a été plus dure!)! Et je ne suis pas vraiment d’accord. C’est une marque de respect, tout comme il m’est très compliqué de tutoyer des gens lorsque je n’ai pas été « autorisée » par cette personne déjà, je suis un peu japonaise sur les bords, parfois, (et là, j’ai failli m’excuser de l’être « héhéhé »! mais je me retiens, je fais des efforts!).

          Je suis très intéressée par le futur contenu de cet article s’il doit exister un jour, cependant! ^^ Mais si je ne vais pas chanter « à tue-tête » (ne me demande pas ce que cette expression veut dire!) « laissez moi danseeeeer!!! » « je vais chanter « laissez moi m’excuseeeeer!! Laissez moi!!! » ‘hem. Voilà je t’épargne la suite qui risque fort de faire tomber la pluie (et surtout… je ne connais pas assez les paroles)!

          Bref, Je ne sais pas si d’autres s’excusent « de trop ». Mais je le fais et j’assume, cela me parait indispensable et je ne pense pas faire de mal en le faisant! Si?

          Aimé par 1 personne

          1. Non 🙂
            Comme en toute chose, chacun et chacune fait comme il le sent et ne doit pas se sentir visé par quelques mots venant d’une patate des ténèbres (même si dans un proche avenir post-apocalyptique, il est probable que ces mots aient force de Loi absolue… mouahahah… je ricanne de manière inquiétante).

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