Un cadre idyllique : Les plateformes pacifiennes

 

C’est beau hein? Dommage, ça n’existe plus.

En 2078, les UN mobilisèrent un budget afin de promouvoir un gros chantier en plein milieu de l’océan pacifique. Le but était double; Obéir docilement à Plexitech, grosse keratsu de l’époque, qui voulait décrocher de juteux contrats, et aussi sauver les très nombreux réfugiés climatiques du coin. Plexitech fit les choses en grand, et après avoir encaissé quelques dizaines de milliards, ouvrit ses plateformes flambant neuves aux malheureux migrants. Oh bien entendu, la finalité de l’affaire était de disposer d’une importante main-d’œuvre reconnaissante, mais tout de même, la keratsu avait offert un havre, alors que les États limitrophes n’avaient pour leur part pas fait grand chose.

2089, le Point final et le retour des infrastructures MESH à l’état de projet avorté. Plexitech ne peut plus monitorer la sécurité de ses plateformes, rappelle ses cadres du pacifique et laisse les communautés locales en auto-gestion. Un peu salauds jusqu’à la fin, les kobun en charge de la logistique du petit Dragon emportent avec eux tous les moyens de transport ainsi que les gros générateurs à fusion. S’ensuit du chaos, de la violence, et des escarmouches plutôt sanglantes entre les quelques punks jusqu’alors cantonnés dans les bas-fonds des plateformes.

Un tsunami et trois tempêtes plus tard, deux des huit plateformes pacifiennes sont englouties dans les profondeurs azurées. Les lignes d’approvisionnement depuis la terre ferme peinent à se mettre en place, et les ambitions de quelques punks empêchent la survie du plus grand nombre. Il faut attendre 2094 et une première attaque de pirates chinois pour qu’un groupe contestataire émerge et prenne le pouvoir.

Les nāʻehiku ahi ahiles sept esprits du feu – sont pour moitié des techniciens de Plexitech, en charge de la maintenance des machines, et pour le reste des représentants des communautés les plus importantes de réfugiés. Les belles paroles ne suffisant pas face aux seigneurs de guerre régnant sur les plateformes, ils utilisent les bonnes volontés – et quelques gentils punks – afin de former une force tactique en mesure de neutraliser les tyrans et repousser les flottilles de pirates. Bien entendu, quand des gars avec des implants de combat sont impliqués, les actions du genre black op sont à oublier, mais hormis quelques carnages vite oubliés, les plateformes pacifiennes louent les nāʻehiku ahi ahi qui se partagent alors la gouvernance des structures. 

Incapables de compléter les ressources technologiques nécessaires à la maintenance d’un écosystème fermé de type arcologie, ce sont les très anciennes traditions insulaires qui sont ramenées à la vie, avec le développement de la pêche, l’utilisation d’éoliennes et d’hydroliennes, ainsi que la transformation de nombreux niveaux en jardins. En quelques années, les plateformes pacifiennes forment véritablement une communauté soudée et en plein développement, attirant malheureusement l’attention de nombreux individus pas nets.


Érigées sur les fondations des atolls submergés du Tuvalu, les plateformes pacificiennes élaborées par Plexitech bénéficièrent d’un financement UN dû fait que son programme initial et officiel devait servir de terre d’accueil aux populations locales restantes. Il n’en fut rien, et en profitant de troubles incessants dans l’hémisphère Nord, la keratsu racheta légalement les concessions submergées de la petite nation, pour en faire un camps de travail bien rempli, doublé d’une zone de non-droit. 

Bien que les technologies employées furent rudimentaires, Plexitech fit bien les choses, et espérait pouvoir par la suite implanter des centres de recherche sur de nouveaux alliages. Bien que toute la grosse machinerie fut par la suite rapatriée vers des lieux plus sûrs, les pacifiens purent conserver abondance de machines qu’un petit groupe de techniciens parvint à adapter aux besoins les plus urgents; la désalinisation et le développement d’un réseau de bouées météorologiques. 

Il subsiste six plateformes pacifiennes, ancrées sur les atolls de Tuvalu, et dont les structures ont depuis peu été renforcées par des éléments récupérés de deux autres stations n’ayant pas résisté à Mère-nature. Les communautés voyagent de l’une à l’autre grâce à de petites embarcations à voiles ou à rames, une flottille d’une dizaine de patrouilleurs légers tenant lieu de force d’intervention. Trois héliports sont encore fonctionnels, les autres ayant été reconverti en jardins, ils abritent une douzaine de petits VTOL à faible rayon d’action, assurant une défense rapprochée. De rudes négociations avec des pirates chinois ont permis aux nāʻehiku ahi ahi de se doter de quelques plateformes de missiles et de catapultes asservies à des IA, permettant une défense efficace de la zone. 

La population totale des plateformes pacifiennes s’élève à 68 452 habitants, et avec 38% de ce chiffre composé d’hawaiens et d’hawaiennes, ce fichu oncle Sam impose toujours son modèle du passé. Bon, hormis la langue anglaise qui était déjà en vigueur dans le secteur, la culture métissée des plateformes est plutôt stimulée par la recherche de traditions anciennes, comme les salanga tuvalu, qui définissent des fonctions spécialisées pour chaque groupe.

Les six plateformes pacifiennes en sont encore à un stade de survie incertaine, car malgré les désastres purement humains ayant ramenés l’espèce à un moyen-âge compliqué, les phénomènes climatiques balayant régulièrement le Pacifique sont toujours pour la pomme des réfugiés, perchés sur leurs structures déjà vieillissantes, et isolées du reste du monde. Et si les individus reçoivent nourriture et eau potable, le problème de la surpopulation se fait cruellement sentir. 

Un tiers de l’énergie totale est toujours fournie par des réacteurs à fusion immergés, et si les centrales sous-marines peuvent fournir une alimentation totale, les nāʻehiku ahi ahi souhaitent économiser les précieuses machineries et s’appuyer sur les éoliennes, panneaux solaires et hydroliennes, formant de grands champs ancrées dans les atolls submergés. Bien entendu, le pacifien lambda se passe d’un accès à un réseau MESH, bien qu’une petite infrastructure virtuelle soit maintenue par un groupe de punks enthousiastes, et la plupart des outils informatiques deviennent de lointains souvenirs pour la majorité des gens. Idem pour les implants cybernétiques, qui retrouvent essentiellement un usage médical. L’environnement marin ne favorise de toute manière pas les améliorations cyber, et les ingénieurs en mesure de les réparer se comptent maintenant sur les doigts d’une main. 

De nombreux pirates chinois viennent cependant commercer avec les plateformes pacifiennes, et organisent évidemment un marché noir pour les jeunes punks. Difficile de savoir où ils s’approvisionnent, mais l’on voit régulièrement apparaître des implants adaptés au déplacement sous-marin, certains même plutôt haut de gamme.

Funafuti est la plateforme centrale, celle où se rassemblent les nāʻehiku ahi ahi qui écoutent les doléances de tous, planifient le développement de leur petite nation, et où tout un staff œuvre afin de renforcer des infrastructures fragiles. Funafuti était avant cela le centre administratif de Plexitech pour tout le pacifique, et même si les corpos emportèrent la grande majorité de leurs équipements avancés, la plateforme dispose toujours d’un important centre de communication, avec même des faisceaux capables d’atteindre les bases lunaires – même si ces dernières ne répondent pas – ou encore certains centres majeurs en Europe. Une équipe de vingt ingénieurs maintien actif le centre de communication, aucun n’a dépassé les vingt ans, tous sont les enfants d’ex techniciens corpos, et pour être précis, la moitié sont des grey hats revanchards, limitant leur hacktivisme par respect pour les guides des plateformes pacifiennes. 

Le réseau MESH local, les motu o te rangi ou Îles du Ciel, est un espace virtuel utilitaire, auquel sont liées une dizaine d’IA assistantes en charge de monitorer les supports vitaux des plateformes. Au moins deux backdoors existent, reliant la structure à la Sphère Eurasienne et aux domaines des Dragons. Meela Onomo, une hacktiviste d’origine polynésienne, chapeaute l’ensemble des opérations et sert de liaison avec le conseil des sages. Âgée de seize ans, son tempérament volatile la place souvent en opposition de la politique prudente et isolationniste des plateformes pacifiennes, mais le respect lié aux nāʻehiku ahi ahi limite sa contestation à quelques joutes verbales et du matériel cassé.

Funafuti dispose d’une équipe de sécurité composée de solos vieillissants mais parfaitement entraîné. Désignés sous le nom de Requins volants, ou nga manene rere, ils sont une quinzaine et forment également l’équipe d’intervention la plus mobile de la région. Avec trois VTOL de conception récente, deux vedettes chinoises et un minisub à fusion, leurs missions se focalisent sur la chasse aux pirates et le transport d’équipes de récupération, chargés de piller épaves et stations sous-marines abandonnées. 

Bien qu’ils soient tous sous contrat avec les plateformes pacifiennes, les membres des nga manene rere ont fondé des familles et s’impliquent dans les activités de leur communauté. 

Makele Henoween est le chef du groupe d’intervention, ancien soldat corporatiste en Afrique du Sud, sa consommation d’implants très lourds le fit sombrer plusieurs années dans une cyberpsychose dont il émergea grâce au Docteur Iwata Okumore qui remplaça la majorité de ses équipements par des équivalents nanobio. Makele est depuis plusieurs années une personnalité charismatique et populaire, un modèle que beaucoup de jeunes pacifiens cherchent à suivre.

Nanumea, la seconde plateforme d’importance, est également la plus petite et abrite à peine deux milliers d’individus, pratiquement tous des ingénieurs ou spécialistes des énergies. Comme les autres structures pacifiennes, elle est en mesure d’assurer sa propre subsistance, mais fourni également la majorité de l’énergie à l’ensemble des plateformes, qui peuvent ainsi économiser leurs propres ressources. Un tiers des occupants de Nanumea sont des IA gestionnaires, en charge des centrales à fusion immergées. Elles monitorent également une flotte de drones sous-marins qui assurent la maintenance des nombreuses sous-stations ancrées dans les grands fonds.

Les niveaux les plus élevés sont réservés à de grands ateliers où les techniciens et ingénieurs cherchent constamment l’amélioration des rendements énergétiques. Un petit laboratoire est en outre réservé à la recherche et développement de batteries et sources d’énergie transportables. De nombreux punks des autres plateformes viennent discrètement s’approvisionner ici, autant pour leurs armes que pour les implants ou véhicules. Bien que le conseil des sages tente de réguler ce trafic, les liens de parenté et services rendus par les punks font que des prototypes dangereusement instables continuent à sortir de la Division E – plus communément désignée sous le sobriquet de BoomLab.

Nui, Niulakita et Nukufetau sont des plateformes d’habitations où se concentrent plus de 90% de la population pacifienne, et si les nombreuses communautés des atolls disparus tentent difficilement de cohabiter, la surpopulation reste le problème majeur de ces structures dont les socles sous-marins commencent à se fragiliser. Très semblables à de gigantesques blocs urbains des métroplex continentales, les plateformes ont été récemment repensées en arcologies aux niveaux interconnectés, et où le communautarisme pourrait devenir une force plutôt qu’une source de tension. Depuis deux ans, des améliorations sont notées par tous, même si la vie reste compliquée. Les dernières bandes, jadis puissantes, sont cantonnées dans les niveaux inférieurs et l’ensemble des trafics de substances nocives atteignent des degrés tolérables.

Les nāʻehiku ahi ahi ont prit soins d’isoler les casernements de leurs forces de sécurité, qui disposent ainsi du contrôle des héliports et des zones portuaires, avec des accès hautement sécurisés. Un centre de commandement permet de contrôler un réseau de tourelles défensives, et une rumeur persistante veut qu’un système de contrôle des foules datant de l’ère Plexitech soit toujours entretenu. Les armureries de ces trois plateformes sont volontairement réduites à des armes anti-émeutes, mais tout le monde sait bien qu’en cas de menace, des IA stratégiques sont éveillées et peuvent ramener des caches d’armes mobiles immergées. 

Le nombre de punks et de trouble-fêtes tend à diminuer à bord des stations de Nui et Nukufetau, où les jardins communautaires ont été rapidement mis en place. Niulakita par contre reste à la traîne, et beaucoup de trafiquants ont migré dans ses structures afin d’exploiter encore un peu la misère humaine. Il ne fait aucun doute que très prochainement, cette plateforme endommagée sera sacrifiée d’une manière ou d’une autre. 

Nanumaga est une plateforme ancrée sur le socle de l’atoll du même nom, elle abrite ce qu’il subsiste de la communauté originelle tuvalu, ainsi que de nombreux migrants australiens et britanniques. Mise à l’écart depuis le départ de Plexitech, elle rassemble dans ses structures le plus grand nombre de punks, solos et fixer. Souvent considérée comme une société de pirates et de hors-la-loi, elle n’en reste pas moins rattachée aux plateformes pacifiennes. Savants fous et techies azimutés sont installés là, dans des laboratoires mal sécurisés produisant invariablement des catastrophes. Une équipe de sécurité aux effectifs changeant tente de maintenir un semblant d’autorité, mais la règle à bord semble plutôt être celle du plus fort.

Étonnamment, le joyeux foutoir de Nanumaga ne déborde que très rarement sur les autres plateformes, qui paient en nourriture et pièces techniques la spécialité des habitants de la station; L’information. Les deux tiers de ces derniers sont en effet de grands voyageurs et disposent d’un incroyable réseau de contacts, certains se trouvant même hors-monde. Bien entendu, chacun agit d’abord dans ses propres intérêts, mais l’ensemble des données collectées est toutefois injecté dans les motu o te rangi, nourrissant des IA prospectivistes servant également de conseillères aux sages. 

En cas de menace sur les plateformes, les habitants de Nanumaga forment également une milice particulièrement efficace, bien que très indisciplinée et souvent violente à l’extrême. Les nāʻehiku ahi ahi emploient ces concitoyens pour envoyer des messages rouge sang aux forces continentales, mais se méfient du prochain chaos généralisé que pourront susciter les habitants de Nanumaga.

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