Mener avec le verbe léger

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Coucou mes p’tites patates aventurières! Oui alors ce nouvel article arrive après une réflexion qui tournicote dans ma tête depuis un bon moment, partant d’un constat plutôt incompréhensible pour moi, et que je vais tenter de vous résumer ici.

Pour adorer les systèmes légers, narrativo-diaboliques, voir même jouer en improvisation totale, je me rend compte que beaucoup de mj autour de moi peinent à réagir à des situations imprévues, amenées par ces maudit.e.s joueurs et joueuses! La narration grippe face à des réactions totalement justifiées et pas forcément originales ou inattendues dans le contexte. Que se passe-t-il? Ma première pensée est liée à mon opinion sur l’état de la communauté, c’est-à-dire beaucoup de consommateurs/ trices de gammes, ingurgitant des quantités de règles et suppléments, ensuite régurgitées au détriment d’un certain plaisir ludique – c’est mon opinion, je ne fais pas de généralité, je constate juste un phénomène très régulièrement observé – du coup, je peux comprendre que cette approche, partant d’un apprentissage par cœur de règles et de contextes, puisse amener des blocages face à des situations non mentionnées. Il y a bien entendu l’expérience de mj qui entre en compte, et peut se heurter aux esprits parfois tortueux de quelques rôlistes.

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Mais les situations problématiques me marquant le plus sont moins liées à des systèmes et mécaniques qu’à des soucis de cohérence, tout du moins, au désintérêt évident des mjs à s’intéresser à cette trame du quotidien et de la logique interne à l’univers. Pour celles et ceux ayant un peu de bouteille, c’est le souci du détail qui fera la bonne aventure, pas les intrigues tordues du mj voulant à tout prix faire passer son aventure, au détriment de l’amusement du groupe. Car oui, étant depuis de nombreuses années en impro sur à peu près tous les supports rôlistes, le plus souvent face à des novices, je me rends compte que ce sont les petits détails qui donnent leur saveur aux récits. Bien évidemment, des pnj fouillés, une narration fluide et modulée sont les clés de l’expérience rôlistique réussie, mais clairement, le petit détail loufoque, le tic du méchant, et plus encore, la recherche de cohérence ordinaire, tout cela amène la consistance réelle de l’aventure.

W5UbmlfoIl faut créer des listes préétablies de noms de pnj, de lieux, quelques listes d’objets sortant de l’ordinaire. En ce sens, la vidéo de Ceizyl, une très bonne meneuse, pourra s’avérer bien utile pour commencer en ce sens, c’est par ICI. Quoiqu’il en soit, toujours selon mon expérience, mener en ne se préoccupant que des grandes lignes d’une quête épique, en négligeant la philatélie du marchand croisé dans le précédent village, cela est une erreur. Les pjs peuvent être animés de grands principes, oui bien entendu, mais les petits détails vont immerger plus sûrement les rôlistes que l’apparition d’un grand méchant aux caractéristiques grotesques. Je conçois que tout cela demande bien plus de travail qu’à l’accoutumée, et l’investissement pourra sembler démesurée, en particulier pour qui doit également assimiler des ouvrages entiers. Tous les auteurs, toutes les autrices le disent pourtant, les univers de jeu, aussi riches et complexes, sont là pour être confiés aux gros doigts boudinés du mj, qui doit y insuffler ses envies, un peu de son âme. Demandez à vos rôlistes ce qu’ils et elles souhaitent comme aventures, les réponses seront toujours générales, vagues, mais allez un peu plus loin, même si vous n’avez pas passé les deux dernières décades à créer vôtre propre univers, présentez des pnjs avec une caractéristique notable, pas le « 1m90, couturé de cicatrices, le regard dur » habituel, loufoque. Vous aurez du mal à le croire, mais ce sera bien plus facile de s’attacher à certains, même aux salauds, si les pjs apprennent par hasard que la maman du Sauron local vit non loin, et fait une super tarte aux myrtilles.

Utiliser son imagination afin de rendre un monde vivant, ce n’est pas seulement amener les grands évènements historiques, écrire les légendes de demain, c’est surtout puiser dans le quotidien, incarner des pnjs proches et attachants, des méchants avec des failles. J’utilise beaucoup le ridicule de situation, quitte à rendre les choses « trop » faciles pour mes pjs, qui gagnent rapidement en confiance et entrent ainsi plus facilement dans l’univers. Cela découle de l’observation simple que les joueurs et joueuses, même bien préparés – ce qui n’est jamais le cas – sont souvent dépassés par le déluge d’informations factuelles et sensorielles reçues par leurs personnages. Quelques scènes avec un peu d’humour, la rencontre avec un pnj loufoque, cela détend, cela permet de se dire que oui, le grand méchant est tapie dans les ombres, mais en attendant, ce domestique hautain va devoir être remis à sa place, ou cette jeune aristocrate devrait être courtisée. Il est même possible, et pour moi fréquent, de totalement partir sur ces situations singulières, et faire des sessions de détente, c’est cela également, le jeu de rôle.

 

6 commentaires sur “Mener avec le verbe léger

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