Blood on the snow, le DramaSystem+!

126503

Coucou mes p’tites patates proto-historiques! Alors, j’étais persuadé d’avoir déjà pondu un article concernant l’excellent jeu Hillfolk, de Robin D Laws, mais en fait non pas du tout – ou alors il est perdu quelque part dans les tréfonds du site – j’avais en fait prévu de directement attaquer sur le supplément Blood on the snow, mais je vais donc aborder le fameux Drama system de manière synthétique.

En 2003, Robin D Laws, créateur des systèmes Gumshoe et Skullduggery (pour Dying earth), propose d’aller plus loin dans le narrativisme avec un financement participatif, qui connaît un grand succès. Hillfolk se propose ainsi d’incarner des personnages dans une période historique peu abordée, l’âge de fer au proche orient. Pas de magie, et surtout, pas de centaines de pages avec des tables de résolution pour de la bagarre. Ici, les conflits sont plus intimes, intérieurs, et toute la structure du jeu tournera autour du fameux drama, visant à faire évoluer les personnages en les impliquant dans des dilemmes moraux.

La création elle-même se fait en commun, chaque membre du groupe donnant sa touche personnelle aux autres, créant ainsi du lien et augmentant la cohésion face à la rigueur d’un monde dur, aux ressources limités. Un personnage se caractérise en gros par une dichotomie morale, deux points forts, deux points faibles. Le seul point négatif du Dramasystem à mon goût est l’usage de nombreux jetons de couleurs différentes, afin de s’imposer ou se soustraire à des scènes, qui sont amenées par d’autres joueurs/ joueuses. Ce côté technique fait très jeu de gestion à l’allemande, et comme pour la grande majorité des jeux se voulant narrativistes, il faut de la maturité autour de la table, afin de ne pas basculer dans une sorte de dînette pendant laquelle chacun.e se préoccupera de ses jetons plutôt que d’une narration partagée autrement très efficace. L’usage des drama tokens permettant à un personnage de ne pas s’impliquer dans une scène amenée par un camarade de jeu peut vraiment ruiner une belle opportunité, et toute la mécanique d’attribution de points d’expérience en fin de session amène beaucoup de problèmes sans rapport avec ce que l’auteur souhaite. C’est généralement là que le bât blesse avec le narrativisme, chouette sur le papier, mais difficilement applicable avec des rôlistes à l’ancienne. Bref, Hillfolk se révèle être un recueil d’idées passionnantes, par un créateur talentueux et inspiré. On en retirera toujours quelque chose de sa lecture.

Je précise que Robin D Laws ne nous jette pas son Drama system à la figure, il apporte énormément de détails à ses deux approches, procédurale et dramatique, qui peuvent ainsi être combinées en mêlant narrativisme et ludisme avec différents dosages de l’un et de l’autre. Les explications sur son approche du jeu sont clairs et permettent d’en retirer une substantifique moelle propre à nourrir sa propre vision du jeu.

Blood on the snow est donc un compagnon au livre de base Hillfolk. Il s’agit d’une compilation d’idées pratiques par de nombreux auteurs, regroupée sous la forme d’une masterclass, avec de nombreux conseils pour faire évoluer le Dramasystem dans la direction nous convenant le mieux. Une bonne partie du supplément est écrite par Emily Care Bos, qui adapte le système au grandeur nature (LARP), avec des pistes intéressantes en fonction des différentes attentes. Je ne m’intéresse que de loin à ce genre, mais cette approche du Drama system est vraiment clair, concise, et donne envie de l’appliquer à des formats plus légers. Et enfin, le supplément fait un très long tour à travers des idées de cadres différents, de thèmes étonnants, et de scènes originales, encore une fois grâce à pléthore d’auteurs amenant leur contribution afin de quitter l’âge du fer originel, pour aller incarner des vampires arrivant dans le nouveau monde, des personnages de la littérature fantastique entrant dans le vrai monde, plutôt par la petite porte, ou encore des anges prêts à s’empoigner pour prendre le contrôle d’un paradis duquel Dieu serait absent. Autant d’idées très inspirantes, qui si elles ne sont pas employées avec le Drama system – ce serait dommage, tout de même – restent des concepts à développer pour des univers entiers. Clairement, ce supplément fait de Hillfolk un vaste multivers où les émotions, les interactions et la richesse psychologique des personnages priment sur le reste. Tout un nouveau monde imaginaire s’ouvrant à nous, mes p’tites patates!

pic1737577

5 commentaires sur “Blood on the snow, le DramaSystem+!

Ajouter un commentaire

Répondre à Orochimarrant Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :