Aquelarre, voyage surnaturel en ibérie

Coucou mes p’tites patates diaboliques! Aquelarre est un jeu espagnol de Ricard Ibáñez Ortí comptant déjà trois éditions, autant d’éditeurs et un financement participatif pour une version en anglais. Il nous plonge dans l’époque féodale d’une Espagne divisée en plusieurs royaumes et ou règnent d’inquiétantes forces surnaturelles. Médiévalisme, occulte, le Diable, voilà bien de quoi nous offrir un cocktail bien sympathique, qui changera du Grand Ancien, même si Aquelarre reprend le même système inspiré du Basic.

En trois éditions, la gamme a su s’étoffer un peu, avec tous les classiques suppléments géographiques, les bestiaires et autres grimoires regroupant de quoi péter la goule… En fait non, en cela aussi, Aquelarre ressemble à l’Appel de Cthulhu; La magie implique beaucoup de sacrifice, ici une forte Irrationalité, qui nous fera également passer pour fifou – et au XIVème siècle, il ne fait clairement pas bon être considérer comme un peu original – et pour des résultats peu spectaculaires, voir assez inefficaces. Bon clairement, à l’époque de sa sortie, il y avait Chill, Maléfice, et donc AdC, ce qui fit que ce challenger plein de coquilles passa plutôt inaperçu et ne connu qu’un succès relatif. Nous pourrions penser, alors que reviennent les rééditions super coûteuses de Chill et Maléfice, et que l’on trouve du Cthulhu partout, qu’un jeu comme Aquelarre n’aurait toujours aussi peu de chance de se démarquer. En fait, le développement de la gamme aura su étoffer un univers sombre et violent, n’ayant rien à envier aux Ombres d’Esteren et autres Chroniques des Féals.

Le point faible d’Aquelarre n’aura jamais été son décor de jeu, vraiment bien amené, documenté, et pour nous autres de ce côté des Pyrénées, finalement suffisamment dépaysant et pourtant familier pour nous accrocher diaboliquement. Cela pourra sembler anecdotique, particulièrement en ces temps où cela est travaillé autant que le reste, mais c’est l’univers graphique qui fut à mon avis la principale faiblesse de ce jeu. La dernière édition corrige le tir, mais en plus de son côté vieillot, ce fut longtemps une bonne raison pour ne pas chercher à en savoir plus. Encore plus étonnant, car ce côté illustration manga existe également dans un autre jeu, qui pour le coup est dans mon top rôlistique d’amour, Jovian chronicles (un article ICI), mais probablement que le côté science-fictionnesque atténue le désagrément, un peu plus en tout cas que pour représenter un contexte médiévale un peu dark – oui, oui, je sais, Berserk

De nos jours, c’est trouver une édition en français qui s’avère compliquée. Aquelarre propose un univers original et bien décrit, nous immergeant rapidement dans différentes époques toujours violentes, où règnent une multitude de superstitions. Il y a également un côté médiéval historique plutôt plaisant, permettant un ancrage dans le « réel » que nous retrouvons dans Miles Christi, par exemple. D’ailleurs, les deux jeux ont beaucoup en commun.

Côté règles, comme indiqué plus haut, c’est inspiré du système Chaosium, avec des caractéristiques et des compétences à pourcentages. Rien de bien compliqué, rien d’original, mais je considère cela comme un bon point, à une époque de systèmes tarabiscotés, voilà qui permettra d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. Car même si la gamme prend le ou la mj par la main pour une incursion à travers la péninsule ibérique au XIVème siècle, eh bien je ne sais pas pour vous, mes p’tites patates, mais pour ma part, ce n’est pas tout à fait un champ d’expertise. Il faudra donc potasser un peu afin de s’imprégner de cette ambiance horrifique se démarquant des autres, qui nous seront plus familières.

Tout un passionnant univers occulte, plein de violence, que cet Aquelarre! Son financement participatif aura permis de créer un très bel ouvrage, au coût d’un rein humain, bien entendu, avec un matériel lui permettant de rivaliser avec les productions plus récentes ou les rééditions de Chill et Maléfice. Restera donc à trouver du temps pour s’investir dans un jeu de rôle ancien, ayant su bien évoluer à travers les décennies, mais désormais difficile à trouver, et soit en anglais, soit en espagnol.

6 commentaires sur “Aquelarre, voyage surnaturel en ibérie

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