Créer des antagonistes dans ULUJ!

Dans les livres comme dans les séries télé ou au théâtre, plus encore qu’un beau héros ou une belle héroïne, il faut proposer un méchant de qualité. Contrepoint aux valeurs véhiculées tout au long du récit, repoussoir moral, parfois physique, l’Antagoniste est un élément clé de la narration, et négliger son développement est une erreur que nous retrouvons dans toutes nos lectures les plus oubliables. Les grands auteurs et autrices nous offrent régulièrement de magnifiques antagonistes, celles et ceux que nous aimons tant détester. Pour en arriver à ces grandes figures d’ennemis légendaires, eh bien ma foi, il faut posséder quelques bases d’écriture, et tenter des trucs! 

Une évidence qui n’en est pas forcément une; Le méchant est un individu comme les autres. Napoléon du crime, ombre énigmatique ou extraterrestre prenant forme humaine, ces antagonistes ont toutes et tous des besoins physiologiques, s’ils sont humains, des émotions perceptibles, et surtout, des fêlures. La création des antagonistes passe obligatoirement par là; Donner d’abord des faiblesses, des sentiments et de l’humanité, avant de recouvrir tout cela d’une couche parfois épaisse de badassitude, d’inexorabilité et de vilénie. Cet aspect de l’Antagoniste est d’autant plus intéressant lorsqu’il paraît invincible, toujours capable de prévoir les actions de nos héros et héroïnes. Face à cette force de la nature, découvrir une faille ordinaire reste souvent un excellent ressors scénaristique, et la seule manière de vaincre.

Autre évident lorsque l’on écrit un peu; Ancrer les motivations du méchant dans les parcours de vie de nos protagonistes. Le lien familial est une solution – « je suis ton père » résonne pour l’éternité – mais en termes de jeu de rôle, cela fonctionnera également bien avec le drame partagé. Peut-être que les protagonistes ont été marqué par un acte de notre méchant, mieux encore, ce sont leurs propres actions qui auront provoqué sa naissance en tant qu’Antagoniste. Les techniques scénaristiques sont assez peu nombreuses finalement, mais tout le talent consiste à les tordre dans tous les sens, pour arriver à une infinité de possibilités. 

J’ai jusqu’à maintenant mentionné un grand méchant, l’Antagoniste avec un grand A, qui pourra ne se révéler que tardivement dans le récit – parfois en ayant été toujours au côté des protagonistes – mais ces deux conseils d’humaniser l’individu, et le lier au passé des héros et héroïnes va également s’appliquer à toutes les rencontres possibles. Les personnages secondaires doivent également droit à ce traitement, leur rôle est en effet primordial afin de donner de la profondeur au récit, et c’est à travers eux que les actions des protagonistes prendront toute leur importance, toute leur densité. Les antagonistes, avec le petit a sont les petites mains de la bonne dramaturgie, plus encore qu’un grand méchant très méchant (ou pas), ce sont les interactions plus fréquentes des protagonistes avec ces seconds couteaux qui vont permettre de faire avancer l’intrigue. Chaque nouvelle rencontre pouvant potentiellement apporter un revirement de situation. L’important étant que tout ce petit monde doit garder sa cohérence personnelle, en particulier dans ses émotions. D’expérience, les participant.e.s peuvent pardonner sans problème des incohérences au niveau du monde (problème de distances, par exemple), mais se sentiront comme trahi par une interprétation différente de leur méchant préféré. 

Une technique que j’emploie de plus en plus souvent, quel que soit le jeu de rôle, est celle du bouffon. Un antagoniste – jamais le méchant principal, attention – ridicule, que les protagonistes peuvent aisément maîtriser. Je le place toujours en introduction de session, afin de rassurer les novices et amener rapidement une cohésion de groupe, autour d’enjeux assez légers, pouvant être contournés sans risque pour les personnages. Je profite de la présence de cet antagoniste éphémère pour planter le décors, c’est d’ailleurs pratiquement son unique fonction. Je sais que bon nombre de mj n’aiment pas « gâcher » leur super campagne sur dix-huit sessions de huit heures avec de tels procédés, mais il faut vraiment dépasser tout ça, et offrir l’opportunité aux participant.e.s de souder leur groupe autour d’un antagoniste de moindre envergure. 

Je m’arrête là, mais si vous avez des questions au sujet des antagonistes, n’hésitez pas à les poser en commentaire! 

3 commentaires sur “Créer des antagonistes dans ULUJ!

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