The Expanse, un sérivers pour CàlT!

Coucou mes p’tites patates sérivores! Alors oui je sais, il existe déjà une version jeu de rôle dans l’univers de The Expanse, par Steve Kenson, éditée par Green ronin publishing et utilisant leur système AGE. J’avais par ailleurs envisagé une adaptation avec le système FATE Accéléré, mais toi-même tu sais, frétillant.e sérivore, Comme à la télé est là pour offrir quelque chose de léger en terme de règles, mais aussi de mise en place, et surtout, sert à ouvrir de plaisantes sessions avec un minimum de matériel, ce qui – tu en conviendra, délicat.e sérivore – est tout de même bien plus commode que de se trimballer de beaux livres épais, sur lesquels renverser du café et des miettes de chips est difficilement envisageable. 

Et voici donc le sérivers The Expanse, pour CàlT!

Tout d’abord, un rapide tour d’horizon de ce qu’est la série, depuis peu transférée sur Amazon Prime. Adaptée d’une série de romans de SA Corey, pseudonyme derrière se cachent les auteurs Daniel Abraham et Ty Franck, the Expanse nous emmène deux siècles après nous, dans un système solaire en train d’être colonisé selon les bonnes vieilles recettes de l’impérialisme occidental; Peuples opprimés exploitant des ressources ensuite rapatriées vers la Terre ou Mars, les deux superpuissances d’alors, se préparant évidemment à la guerre. C’est dans ce contexte très classique donc que vont se construire différentes intrigues, avec en ouverture un mélange des genres polar et hard-sf, plutôt intéressant et vraiment bien adapté dans la série, qui finie par virer à un space opera ou se mélangeront intrigues politiques, course à l’armement, et relations sentimentales, l’ensemble servi par un casting irréprochable et des personnages forts. 

La Fratrie
Qu’ils et elles soient les membres d’équipage de votre vaisseau spatial, vos frères et sœurs d’armes dans le MMC (Martian Marine Corp) ou encore des rock-hoppers, minant avec vous les astéroïdes de la Ceinture principale, ce sont vos camarades, les seul.e.s en qui vous pouvez avoir confiance au sein de cette immensité qu’est le système solaire. Ils pourront être incarnés par les autres participant.e.s ou bien être physiquement éloignés de vous, mais toujours dans votre cœur. La Fratrie est un élément essentiel dans The Expanse, qui nous dépeint des sociétés froides, au bord de l’effondrement, déchirées par les problématiques sociales que nous connaissons bien, amplifiées par une nouvelle phase de colonialisme belliqueux, doublé d’une guerre froide se réchauffant rapidement. Les membres de la Fratrie seront aussi forts que vous-même, c’est la condition pour survivre dans cet environnement mortel, ils seront d’ailleurs les seuls à pouvoir partager avec vous des ◉, et pourront braver les dangers comme les distances afin de vous secourir.Dans le cas d’un groupe de participant.e.s formant une Fratrie, nous pouvons envisager une notion de synergie empathique, permettant des partages de Spécialités au ration de ◎:, afin de mettre en avant la force du groupe, mais également son isolement au sein d’un sérivers plutôt hostile. Cela ne signifie pas que les partages de Spécialités sont restreints, mais ils pourraient par exemple coûter ◎◎◎:◎, pour montrer combien les humains peinent à s’entraider en-dehors de leur Fratrie. Je pensais à une réflexion de Anderson Dawes, superbement incarné par Jared Harris, qui disait à Miller que tous les belters étaient ses frères et sœurs. J’imaginais le pouvoir de ce personnage, disposant d’une Fratrie forte de plusieurs milliers d’individus.

Les grandes forces

Un autre élément intéressant, et plutôt classique dans les sérivers de science-fiction, est la prédominance de grandes puissances, disposant de ressources écrasantes, d’attitudes hégémonistes et ne trouvant rien de mieux que poursuivre le grand plan de l’Humanité, consistant à s’auto-détruire. Ici, nous avons donc UN, toujours pour United nations et contrôlant les formidables ressources de la Terre, ainsi qu’une grande part de la technologie spatiale, s’opposant plus ou moins ouvertement à MCR, pour Martian Congressional Republic, sur Mars donc. Au milieu de toutes les tensions possibles entre ces deux blocs se trouvent les belters, exploités par les uns comme par les autres, contraint de fournir l’essentiel des ressources primordiales au développement de leurs oppresseurs. Du côté des Nations-Unies, nous trouvons une sorte de vaste assemblée dominée par un appareil administratif tentaculaire, mais clairement dominé par les officiers de la flotte spatiale. Un ou une Secrétaire-général prends les décisions, c’est de la politique comme nous la connaissons aujourd’hui, avec magouilles, intérêts personnels et usage abusif de la force. 

En face, nous avons un gouvernement martien tourné vers un plan global de terraformation de la planète. Toute l’économie, toute la société, semble mobilisées autour de ce projet s’étalant sur plusieurs générations, et nous découvrons plus tard avec le passage au genre du space opera que les infrastructures planétaires seront finalement abandonnées, les jeunes générations martiennes préférant migrer vers de nouveaux mondes habitables plutôt que de se sacrifier pour créer le leurs. La société martienne est présentée comme militariste, avec une saveur Fédération Russe actuelle, mais sans leader notable. Sa technologie n’est présentée qu’à travers la puissance de ces vaisseaux spatiaux et, surtout, son corps de marines, équipés d’exosquelettes blindés et lourdement armés. La série à cependant le bon goût de ne pas montrer cet ersatz d’URSS comme LE méchant du show, au contraire d’ailleurs, à plusieurs reprises, les diplomates de MCR font valoir des solutions pacifiques face à l’agressivité de leur ennemi. 

Enfin, nous avons OPA, pour Outer planets alliance, une coalition de clans belters finissant par former une troisième force politique et militaire au sein du système solaire, pour peu après être emportée par les évènements de la saga. Puisant dans les grands mouvements contestataires d’époques que nous connaissons, l’organisation de l’OPA est déchirée par des luttes de pouvoir interne, entre de grandes figures charismatiques comme Anderson Dawes et Fred Johnson, mais également par des tensions entre ses clans, qui provoqueront l’émergence de Marco Inaros. Sans réelle structure, contrainte par les problématiques logistiques liées aux immensités de vide, l’OPA est toujours montrée comme un ramassis de pirates opportunistes, sans foi ni loi, profitant de la moindre occasion pour trahir les leurs. Une tendance différente se dessine autour du Behemoth, transformé en station-relais, et sous le commandement de Camina Drummer, mais tout cela n’a qu’un temps, et dépendra finalement toujours du bon vouloir des autres grandes forces. En terme de narration cependant, les belters et l’OPA occupent une place centrale, car ce sont eux les opprimés, celles et ceux possédant une culture purement spatiale, un dialecte hérité du créole et des coutumes les différenciant grandement des martiens et des terriens. C’est le mépris de ces derniers envers cette humanité différente, en train de s’adapter aux conditions de l’espace, qui donne le rythme, bien plus encore que toutes les grandes batailles et les discours pompeux.

Un peu de space opera

Avec son verni de hard-sf, the Expanse s’éloigne grandement des Star wars et autres show à grand spectacle. Ici, la technologie est proche de ce que nous connaissons, les affrontements spatiaux se font à des vitesses folles, avec des armes à très longues portées, et la fameuse propulsion Epstein, permettant d’accélérer à des vitesses utiles pour rallier les mondes du système solaire, implique l’injection d’un jus pour supporter les g. Mais s’affranchir des codes du space opera fait probablement perdre une trop forte audience, alors nous découvrons des vaisseaux avec de jolis design, des combats à la gorge et surtout, la Proto molécule, MacGuffin excellent devenant l’outil de l’Antagoniste, avant d’échapper à son contrôle pour aller croître en phagocytant Vénus, avant de traverser le système solaire et ouvrir une porte spatiale vers un au-delà à la Stargate. Tout cela est très classique, mais vraiment bien intégré dans l’environnement politique tendu. Amenant de nombreuses interrogations, la proto-molécule devient rapidement un outil ordinaire et pratique, que des humains toujours aussi insouciants utilisent afin d’assurer leur prédominance.J’avoue ne pas ressentir le besoin de développer cet aspect du sérivers, tant il est communément employé dans à peu près toutes les séries à tendance sf et fantastique. L’introduction d’un élément alien doit cependant être bien dosé, et dans the Expanse, le moindre emploi de la proto molécule à des effets dévastateurs et néfastes, souvent à grande échelle.  

Du drama, du drama, du drama!

The Expanse se caractérise à mon sens par son ampleur épique, qui ne transparaît pas de prime abord, étant compensée par la sensation d’enfermement et d’isolement des individus au sein de stations et de vaisseaux. Chaque arc narratif amène cependant de profonds changements au sein des sociétés du système solaire, et la montée en puissance de l’élément space opera ne fait qu’amplifier la menace extérieure, propre à éradiquer l’Humanité en un flash bleuté. Durant des sessions de Comme à la télé, il sera bien entendu difficile de restituer cette sensation d’écrasement, face à laquelle les actions d’une poignée de héros et héroïnes sembleront ne rien peser. 
Je suggère de maintenir la pression tout du long de l’épisode, voir, démarrer déjà au cœur de l’action, avec par exemple une poursuite de votre coque de noix belter, traquée par une patrouille martienne en train de tirer ses missiles à 10 000km de là. Dans the Expanse, vous ne pourrez compter que sur les membres de votre Fratrie, toute autre rencontre se terminera probablement par une trahison, ou l’apport de complications supplémentaires. C’est un univers froid, dans lequel des ressources comme l’eau ou l’air sont difficiles à obtenir, il ne faut pas hésiter à créer de l’attachement avec des seconds rôles, pour mieux les éliminer en appuyant sur l’impuissance des personnages. On le voit dans la série, même les victoires sont amères, et l’aiguille de votre boussole morale toujours en mouvement.

5 commentaires sur “The Expanse, un sérivers pour CàlT!

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  1. J’ai eu du mal initialement avec le début, je venais de lire les romans, et la série de cadrait pas avec mon imaginaire. Ensuite, j’ai été emballée jusqu’à la dernière saison, qui est partie dans une direction qui ne m’a pas bottée.

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