Venus [Jovian chronicles]

Coucou mes p’tites patates à haute pression! Je continue donc mon tour de la gamme Jovian chronicles, proposée par Dream pod 9, intégralement en dialecte shakespearien – sorry les anglophobes – avec cette fois-ci une halte en orbite vénusienne. Le supplément s’attachant à décrire la seconde planète du système fait une centaine de pages, dans lesquelles le même format que pour les autres est appliqué : Histoire de la colonisation humaine, spécificités, tour d’horizon géopolitique, puis descriptif des technologies propres au monde.

Dans le décor de Jovian chronicles, Venus peut se résumer à son conglomérat de corporations agressives, mais surtout à sa Banque, tentaculaire et à l’origine de la majorité des petits problèmes du siècle en cours. Espionnage, OPA sauvages et corruption sont les mots associés aux stations vénusiennes et à leurs habitants. Ce qui pourrait s’avérer particulièrement réducteur, mais malheureusement assez vrai. Pour celles et ceux connaissant la série télévisée et les bouquins the Expanse, de James SA Corey (un article ICI), cette société vénusienne de Jovian chronicles, c’est Protogen. Fort heureusement, la protomolécule en moins, mais avec le même bon esprit entrepreneuriale, les magouilles et en prime, toute la force de frappe d’une planète riche en métaux et technologies.

Venus est un monde colonisé en douce par des corporations qui virent arriver la Chute, et parvinrent à transférer leurs ressources en orbite vénusienne, initiant le projet de terraformation New Earth, qui se prolongera encore un millénaire avant que des populations puissent descendre sereinement à la surface. Oui parce qu’avec son atmosphère empoisonnée et sa pression de surface quatre-vingt-dix fois plus important que sur Terre, la vie sur Vénus est pour le moment un peu bof.

Les vénusiens suivent un dogme nommé les Trois piliers, traduisant les aspects majeurs d’une société ouvertement néo-libérale, et s’étant affranchie de l’influence historique terrienne. Ces trois piliers sont : Corporation, Famille, Honneur et sont teintées de nombreuses influences, calibrées par la machine médiatique corporatiste pour unifier et souder les classes sociales. Ce sont les corporations qui fournissent l’emploi, le logement et l’air que respirent tous les habitants des stations vénusiennes, non seulement en orbite, mais également dans les arcologies de surface. Il est facile de s’inspirer de la culture japonaise contemporaine afin d’obtenir un instantanée de cette société. La famille, au sens large, est bien là pour renforcer les liens sociaux et hiérarchiques. Les cadres des cinq premières corporations à venir fonder les stations Venera avaient bien compris que des employés heureux seraient plus productifs et loyaux à l’organisation. La notion d’honneur vénusien descend également des cultures asiatiques ancestrales, et se présente donc sous de nombreuses formes, il s’agit là d’un puissant outil de contrôle des corporations, mais également d’un mode de vie pour les vénusiens.

Sur le plan politique, c’est un Conseil planétaire, formé de centaines de représentants des stations, qui assure l’administration et le développement de la culture vénusienne. Toutes les corporations y sont présentes, ainsi qu’une multitude de groupes d’intérêts. Au final cependant, même si cela donne l’impression de changer, c’est bien la Banque vénusienne qui régit la destinée de ce monde, disposant de son propre conseils de Directeurs, ainsi que d’un service de contre-espionnage redoutable, Ronin. La prospérité et un endoctrinement sur plusieurs générations font que le peuple ne s’intéresse guère aux décisions prises pour eux par les cadres supérieurs des corporations, et de loin, les vénusiens apparaissent comme des bourreaux de travail, loyaux à l’extrême envers leur corporation, tout en se révélant être de joyeux fêtards, ayant accès à de nombreux loisirs.

On le voit tout au long de ce supplément, le ton oscille entre une vision cynique associée aux corporations et à leur besoin de contrôle sur la masse de leurs travailleurs, et la description d’une culture hédoniste, cherchant à forger une civilisation à l’écart des autres humains. Et nous avons bien la sensation d’être dans un autre système solaire, où les puissances comme le CEGA ou la confédération ne semblent avoir que peu de prise, et où ce sont les différentes agences vénusiennes qui donnent le LA. Très intéressant, et rajoutant une couche aux problématiques déjà denses, entre les grandes puissances militaires. Et pour préciser, il existe un supplément Ships of the fleet, spécialement consacré à la flotte vénusienne.

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