Ch’ti biloute! [Article très technique de jdr]

Coucou mes p’tites patates en couches culottes! J’ai déjà publié des articles contenant des conseils afin d’incarner des jeunes, mais il s’agissait plutôt d’adolescents, dans des univers contemporains, souvent avec un travers communément répandu de nos jours, sur lequel je reviendrai plus loin. Vous retrouverez ces articles ICIpour jouer dans le sérivers de Stranger things avec CàlT, ou ICI, pour incarner parodiquement des teenagers dans les séries CW, par exemple.

Au-delà de ces nombreuses séries ou films dans lesquels les adolescents réagissent soit de manière totalement irrationnelle, soit comme des adultes, j’ai plutôt envie de faire un survol du comment faire incarner ce que nous désignons aujourd’hui comme des pré-adolescents, c’est-à-dire de vrais enfants, n’ayant pas les moyens physiques ou intellectuels de pré-adultes. Nous en avons des exemples avec les jeunes dans des films comme Stand by me ou les Goonies, peut-être également avec Stranger things, mais nous découvrons, avec par exemple la saga cinématographique Harry Potter, de jeunes enfants totalement autonomes, ayant une influence sur leur environnement, et n’offrant finalement que peu de différences, en terme de jeu de rôle, avec l’incarnation d’adultes.

En faisant jouer dans le sérivers de Stranger things, j’ai pu constater que la plupart des participant.e.s rajeunissaient les comportements de leurs personnages, parfois jusqu’à un stade vraiment enfantin, et qu’ainsi, ils et elles parvenaient à mieux incarner une certaine forme de faiblesse, ou d’impuissance face au monde des adultes. C’est surtout ce point sur lequel il me semble important d’appuyer; Les enfants, bien que protagonistes des aventures, subissent un monde trop grand, trop compliqué pour eux. Contraintes scolaires, autorité parentale, routines professionnelles des adultes les dépassant totalement, pas besoin de monstres tentaculaires pour rendre leur environnement étrange! Tout cela se révèle plutôt facile à retranscrire, dans un cadre contemporain, car nous avons nos propres expériences pour nous guider, ainsi qu’une somme conséquente de films et séries populaires, servant de supports au jeu.

Plus compliqué par contre, incarner des enfants dans des univers différents. Actuellement j’essaie cela avec D&D et l’univers de Dragonlance, je l’avais fais auparavant dans celui de Birthright, où les personnages se voient très tôt confier des responsabilités. Ici, avec Dragonlance, la plupart sont des gens du commun, qui plus est associés à des peuples mineurs au sein de la Ligue des minotaures, une entité politique dont les fondements mêmes prônent la violence et valorisent la force physique. Au niveau technique avec un système complexe comme D&D, tout est prévu pour représenter un enfant, avec de simples limitations de caractéristiques, un accès réduit aux dons et aux compétences. Je fais jouer en mode mini-campagne, donc la problématique des points d’expérience ne se pose pas, il n’empêche que pour contrebalancer tous les petits désagréments de l’enfance, la possibilité d’une progression plus rapide (-15% d’xp requis par exemple) est à envisager, le monde étant déjà bien compliqué pour les adultes, imaginons qu’un enfant assimilera bien plus vite des réflexes de survie. Je vais ajouter que dans un univers à tendance fantastique, la notion même d’adolescence n’existera généralement pas, le passage de l’enfance à l’adulte, en particulier pour des protagonistes, sera violent. Un autre élément, propre à D&D; L’alignement, indiquant le compas moral du personnage. J’estime qu’un enfant pourra ne pas avoir une perception bien définie de ce qui est bien ou mal, offrant d’ailleurs l’occasion de développer cet aspect en cours de jeu, et considère donc une forme de neutralité comme un bon compromis, en attendant de futures évolutions. La contrepartie à ces limitations initiales sera que leurs escapades ne dérangeront personne. Contrairement à un sérivers à la Stranger things, où l’absence des bambins provoquera la mobilisation du shérif et des parents, dans un univers fantasy, les protagonistes seront généralement considérés comme des proies faciles par les prédateurs, et ne bénéficierons pas d’une protection particulière.

Petite mention d’un projet en cours pour l’idée de jouer et faire jouer des enfants à DD5 : Little but fierce, par DC Bradshaw, un corpus de règles simplifié, actuellement en cours de développement, je vais voir si je peux en obtenir une copie pour vous en parler un peu plus prochainement. J’en profite également pour vous encourager à laisser en commentaire vos propres références en la matière, mes p’tites patates.

Je le mentionnais plus haut, la culture populaire, dominée par le modèle américain et sa morale un peu hypocrite, nous abreuve de modèles d’enfants-savants, simples adultes miniatures se confrontant sans crainte au monde qui les entoure. La possibilité d’émerveillement disparaît donc, les faiblesses sont gommées et l’impact d’un monde adulte effrayant n’existe plus. Le jeu de rôle permet donc de ramener tout cela dans des aventures, que cela soit destiné à des adultes ou des plus jeunes, pour des sessions récréatives ou pédagogiques. Incarner des enfants impliquera de (re)trouver un équilibre entre innocence, curiosité enfantine, sans toutefois basculer dans l’infantilité idiote. Comme incarner réellement un bon méchant, il est tout autant ardu de jouer la faiblesse d’un enfant face au monde adulte. Je l’avais mentionné dans mon article sur le sérivers Stranger things, c’est probablement l’effet de groupe qui entretiendra le courage dans des cœurs innocents, et donnera à chacun des membres le courage nécessaire. Un principe bien utile en jeu de rôle, particulièrement lorsqu’il faut appuyer pédagogiquement sur la synergie et les effets de team building. Un enfant isolé sera rapidement terrifié, que cela soit joué ou contraint par la mécanique du jeu, un groupe de copains et copines pourra plus facilement progresser, même au sein de situations dangereuses et horrifiantes.

Du côté de la construction, bien entendu nous pouvons partir sur de l’onirique, des monstres gentils dans les placards ou des contes édulcorés à la sauce Disney. Il existe pléthore de jeux proposant ce genre d’ambiance, mais pourquoi pas également plonger les personnages-enfants dans des contextes adultes. Tales from the loop immerge fréquemment des adolescents dans ses univers froids, comment pourraient bien réagir des personnages plus jeunes? En réalité, ce seront toujours les environnements contemporains qui poseront le plus de problème, du fait d’un cadre plus sécuritaire pour les plus jeunes. Comme je l’écrivais, les univers féodaux, voir même futuristes, laisseront plus de liberté. L’extrême étant l’enfant sauvage dans Mad Max 2, perçu comme un animal sauvage faisant sa vie à l’écart du groupe. Je pensais également à un contexte de science-fiction comme les Enfants de l’Histoire, par Kurt Steiner, dans lequel les enfants représentent une force politique et sont représentés par des ludocrates (un article ICI).

Dites moi, mes p’tites patates, si le sujet vous intéresse, et que vous voudriez que je creuse un peu. J’ai en projet un article parlant des jeux de rôle à destination des enfants, mais si incarner de tels personnages en tant qu’adulte vous intéresse, hop, commentaires!

2 commentaires sur “Ch’ti biloute! [Article très technique de jdr]

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