Station eleven, le post-apocalypse apaisé

Coucou mes p’tites patates sérivoresStation eleven est à l’origine une nouvelle post-apocalyptique d’Emily St-John Mandel, adaptée par Patrick Somerville – scénariste de the Leftovers – pour HBOmax en une mini-série de 10 épisodes.  

Nous y découvrons les destins croisés de plusieurs personnages, à différentes époques de leur existence, à partir d’une pandémie oblitérant l’Humanité d’une manière foudroyante. Le titre de la série est celui d’un comic book, crée par l’un des personnages, et qui affectera plusieurs protagonistes. 

La série se caractérise clairement par son rythme lent, nous montrant les communautés croisées par la Symphonie itinérante, une troupe de théâtre, grande amatrice de Shakespeare, suivant des étapes annuelles immuables, afin de donner autant de rendez-vous aux îlots de civilisation perdurant vingt ans après la pandémie. On accrochera ou pas à ce récit posé, nous présentant essentiellement des groupes d’individus souhaitant vivre paisiblement et en bonne cohabitation. Bien entendu, certains groupes pillent et menacent, mais ils sont minoritaires, et ne représentent qu’un danger diffus. Tout comme l’angoissante montée en puissance du Prophète, et qui finalement s’avère être… Autre chose. 

La narration via les destins croisés est encore une fois amenée par de heureux hasards, et les personnages sont aussi surpris que nous de retrouver des amis de leur vie d’Avant, Patrick Somerville sait très bien gérer ce type de développements, poussés ici à leur paroxysme. La série qu’il nous présente est une succession d’épreuves intimes, de violences personnelles, construisant les protagonistes dont nous voyons se dérouler les vies dans le désordre chronologique. Il faut une grande maîtrise afin de parvenir à entretenir cohérence et montée en puissance du drama, elle est présente ici du premier au dernier épisode. A titre personnel, je me demandais durant les premiers épisodes ou m’emmenait le show, avec au final probablement le plus bel épisode de fin que j’ai pu voir. 

Mais donc, Station eleven est un post-apocalypse ordinaire. Pas de cannibales, juste un monde se reconstruisant avec ce qu’il reste de l’ancien, des modes de vie un peu plus rudes, mais surtout le souhait pour les anciens de préserver et partager leurs traditions, ici le théâtre shakespearien comme lien communautaire, mais également entre êtres humains. 

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La série nous présente elle-même des possibilités d’adaptations pour Comme à la télé. Nous pourrons ainsi y incarner une troupe comme la Symphonie itinérante, se heurtant aux dangers d’un mode de vie nomade, avec l’entretien des véhicules, des voitures et roulottes tractées par des animaux de bât, la recherche de nourriture et d’eau dans des villes abandonnées, les animaux sauvages et les groupes de brigands avec qui négocier. Car oui, dans Station eleven, les artistes de la troupe ne sont que cela, pas des bi-classés guerriers ou ninja. Nous pourrons également envisager de jouer les éléments d’une communauté tentant de perdurer, peut-être avec une source de courant, un accès à une ressource alimentaire, et là encore, la menace de pillards. La série nous fait comprendre que dans un tel monde, sans le confort que nous connaissons, les groupes humains ne sont pas certains de survivre aux hivers. Enfin, nous pourrions très bien incarner une communauté s’étant donné un but, comme les gens du Muséum des Civilisations. Nous enverrions alors nos collecteurs et collectrices à travers les ruines accessibles, en quête des œuvres de l’Avant. 

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En termes de jeu, Station eleven n’est clairement pas portée sur la flamboyance. Les protagonistes seront des humains ordinaires, avec éventuellement une Spécialité pragmatique. Je conseil de démarrer avec 8●, et la vie post-pandémie étant visiblement particulièrement rude pour beaucoup, il serait intéressant de jouer des handicaps physiques ou mentaux. 

Comme dans le show, il sera intéressant d’interconnecter tous les protagonistes, de manière indirecte, mais en créant ainsi un réseau de liens émotionnels forts. Il n’y a pas véritablement de but dans Station eleven, mais plutôt l’incitation de retrouvailles, afin de guérir et soigner les traumas du passé. C’est là je crois une très intéressante expérience à vivre, différente des habituelles sessions épiques ou tragico-comiques des séries américaines. 

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3 commentaires sur “Station eleven, le post-apocalypse apaisé

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