Chroniques du pays des mères

Coucou mes p’tites patates utopistes! Bon, je viens de terminer un roman d’Elisabeth Vonarburg, autrice française venant de m’offrir la même sensation que Damasio et sa Horde du contrevent (un article ICI, toi-même tu sais). Comme pour Serge Karamazov dans la Cité de la peur, aucun rapport, mais il s’agit là d’une sensation de victoire, de contentement, d’avoir pu terminer une lecture profonde, amenant une intense réflexion, en plus de toutes les émotions liées aux personnages.

Chroniques du Pays des Mères a obtenu de nombreux prix, se voit considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature, et en effet, avec son récit nous permettant de suivre Lisbeï durant une bonne partie de sa vie, c’est la fresque d’un monde où les hommes ne dominent plus l’Humanité, se résumant à des groupes de femmes ayant développées une nouvelle structure sociale, figée après quelques essais plus ou moins violents, succédant à une mystérieuse période nommée le Déclin. L’autrice va ainsi nous faire voyager, via sa protagoniste principale, à travers ce fameux pays des Mères, une société bien ordonnée où la violence physique et le conflit sont minimisés. Pour beaucoup parmi nous, aux premiers abords, tout ceci semble être une réelle utopie, mais tout le talent d’Elisabeth Vonarburg est de nous faire comprendre que, comme dans tout bon récit, les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent. Car ici, nous découvrons finalement une forme de fin de l’Humanité, tentant d’être stoppée dans ces communautés isolées, grâce à un programme d’insémination artificielle, cela au détriment d’une part d’humanité pour celles pouvant encore enfanter. Une étrange Maladie continue à prélever son lot de malheureuses, et si l’on perçoit partout une formidable capacité d’adaptation au sein des Capteries, cette société semble aussi avoir beaucoup perdue du savoir des temps anciens, malgré le fait que la connaissance soit toujours mise en valeur. Une société en train de se figer, et à travers laquelle Lisbeï apportera un espoir.

Pour moi ne lisant pas de littérature spécifiquement féministe, mais recherchant d’autres manières de se projeter dans les avenirs possibles, Chroniques du Pays des Mères est donc une grande claque, plus encore que la Maison des Mères, de Frank Herbert, dans lequel nous découvrions la réalité du Bene Gesserit, une œuvre touchante, mais intégrée dans des schémas plus traditionnels. Ici, la violence existe, bien entendu, mais elle ne résout rien, et la société entière dénonce son usage. Avec sa narration toute en subtilité, voilà de la très bonne lecture, qui vous fera autant voyager que réfléchir, et ma foi, c’est bien cela le job de la bonne science-fiction!

Du coup, je suis très étonné de ne pas trouver une adaptation en jeu de rôle. Il est donc très probable que je m’y colle, dans le format ULUJ, Un Livre, Un Jeu!

3 commentaires sur “Chroniques du pays des mères

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